Escapade

Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 18:59

En attendant de mettre ce blog à jour (ça fait deux jours, comme on dit ici...) et de revenir sur mes dernières aventures burkinabè, voici un petit cliché pris lors de mon séjour helvétique. C'est l'occasion aussi de remercier toutes celles et tous ceux qui ont croisé ma route durant ces deux semaines de vacances ! A très bientôt !

 Prik, MC et Guillaume Tell

Par Marie - Publié dans : Escapade
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Dimanche 24 avril 2011 7 24 /04 /Avr /2011 20:53

Deux Suisses, une grosse moto, cinq jours et 984 km sur les pistes du Faso, les yeux grands ouverts !

 20110416 Pierrick+Marie moto

 

DAY 1 (12/04/2011)

1ère étape : Koudougou (pays moaga) - Léo (pays gourounsi), 169 km

Bilan : moto opérationnelle, Pierrick au kickage aussi !

Ce qu'on a appris : toujours bien choisir son arbre pour faire une sieste.

Départ à 7h de la maison, premier arrêt à Sabou pour un café au lait. Achat d'une natte de survie pour siestes en brousse. 

20110412 Moto Sabou 

Deuxième arrêt dans l'incroyable village de Tô (fallait oser, quand on sait que le plat national du Burkina est le tô !). Un coca et une sieste un peu plus loin, sous l'ombre d'un néré. Repas en compagnie d'un troupeau de boeufs: les pâtes aux champi de la veille sont encore meilleures ! J'avais oublié à quel point les mouches sont nombreuses et agaçantes en brousse !

20110412 Picnic

Arrivée à Léo vers 14h. Grosse sieste dans notre hôtel, situé dans un immense parc, tour de la ville (histoire de frimer en moto !), bière et poulet avant une bonne nuit de sommeil.

 

DAY 2 (13/04/2011)

2ème étape : Léo (pays gourounsi) - Kampti (pays lobi), 263 km

Bilan : Pierrick expert en kickage, et une cheville tordue pour Marie.

Ce qu'on a appris : dormir sous moustiquaire peut aussi protéger des chauves-souris.

Départ à 6h30 et café au lait dans le premier bled, en compagnie d'anciens du "ghetto de Wemtenga" (notre quartier à Waga) !  

20110413 Pierrick essence

Belle piste jusqu'à Dissin, puis goudron chiant jusqu'à Diebougou. Encore pire jusqu'à Gaoua, où nous arrivons à l'heure du riz-sauce, au milieu de gars déjà bien partis sur la bière (et il n'est que 13h).

20110413 Piste-goudron

Petit tour du marché avant de faire une bonne sieste à la sortie de la ville. Après 30 mn de goudron vallonné, on arrive à Kampti, chez Fred (un autre volontaire), et je me casse la gueule, allez savoir comment... Tour de Kampti, une bière, deux bières et une soupe de poulet chez Eugène. J'ai mal à la cheville et je rentre en sautillant... 

20110413 Dissin-Djikologo

 

DAY 3 (14/04/2011)

3ème étape : Kampti (pays lobi) - Bobo-Dioulasso (pays dioula), 270 km

Bilan : jeans mouillés.

Ce qu'on a appris : il ne faut pas toujours croire ce que les gens disent sur l'état des pistes + il ne faut pas toujours croire que ton jeans va vite sécher sous le soleil de Banfora + on n'aime vraiment pas le goudron.

Départ après un petit café et des toasts beurrés chez Brice. J'ai mal à la cheville et j'ai mal dormi. Route jusqu'à Loropéni superbe, on en profite pour faire des mini-films avec la moto. Encore un café dans un village dioula, après avoir traversé Loropéni et son joli marché. Chouette piste jusqu'à Banfora, quelques gouttes de pluies. Mini-pause au marché de Sidérabougou. On parle allemand à Tiefora, avec un ancien qui a fait Düsseldorf.

20110414 Kampti-Loropeni

Baignade, lessive, pic-nic et repos aux Cascades de Banfora. 85 km de goudron jusqu'à Bobo et arrivée chez les Matteo, chez qui nous logeons.

20110414 Marie Cascades

 

DAY 4 (15/04/2011)

Etape de repos à Bobo (pays dioula).

Bilan: ce n'est pas aujourd'hui qu'on verra les silures de Daffra.

Ce qu'on a appris : ne jamais se mêler d'une négociation, surtout au marché de Bobo.

Départ à 9h pour Daffra, à qqs km, pour découvrir et admirer des gros poissons, symboles protecteurs de la ville de Sya. 9h30, problème de moto, arrêt chez un mécano. 10h, on tourne dans la ville à la recherche du "mécano grosse moto" de Bobo, un dénommé Chirac (rien que ça !). Diagnostic : de l'essence coule de... qqpart (j'ai pas bien révisé mon cours de mécanique), ça prendra la journée à réparer. Tour du marché et retour à la maison de Matteo. Après-midi tranquille et soirée au maquis de la gare. Plus de brochettes, déception, que du poisson qu'on veut nous faire payer plus cher qu'annoncé, déception bis.

201103 Cathédrale Bobo

 

DAY 5 (16/04/2011)

4ème étape : Bobo (pays dioula) - Koudougou (pays moaga), 282 km.

Bilan : fatigués.

Ce qu'on a appris : le goudron c'est pas si pire.

Départ aux aurores pour 250 km de goudron, légère appréhension. Pâtisseries dans la brousse, en guise de petit-déjeûner, et un arrêt entre Pa et Houndé pour prendre un café avec Laure et Aurélien, qui descendent à leur tour à Kampti en moto.

20110416 Pause

Grâce aux troubles à Waga (mutinerie de la garde présidentielle et soulèvement des commerçants), la ville est totalement bloquée = moins de trafic pour nous et plus de tranquillité. Première destination finale annulée, arrêt obligatoire à Koudougou. A Godé, on retrouve les joies de la piste, qui nous emmène droit à la maison.

20110416 Pause Café

Le fabuleux road trip s'arrête là, mais pour les curieux, il y a encore plein de photos ici !

Par Marie - Publié dans : Escapade
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Mercredi 16 février 2011 3 16 /02 /Fév /2011 13:14

 

Samedi, Pierrick et moi avons décidé d'enfourcher notre brave Yamaha Dame et d'aller à l'aventure, hors de la ville de Waga. Et ça tombait bien, puisque du 10 au 13 février, Waga et quelques communes rurales vivaient au rythme du festival "Rendez-vous chez nous", festival des arts de la rue qui avait lieu pour la deuxième fois. Samedi, c'est dans le village de Bassam Yam (Commune de Komsilga), environ 25 km, que la fête avait lieu.

12022011 Panne Pierrick  12022011 Panne mécano

Tout commence (toujours ?) par une panne... dans un village inconnu... qui s'avérera être celui que l'on cherche !

 

Après quelques km de trop et un retour dans le village de la panne, on arrive pile à temps pour voir le début du rassemblement autour des Grandes Personnes :

12022100 Grandes Personnes  12022011 Grandes personnes 1

Mais au fait, qui sont donc ces Grandes Personnes ? Il s'agit d'une troupe de marionnettes géantes, installée à Boromo (axe Waga-Bobo). Le projet est né d'une rencontre entre artistes et artisans locaux et la compagnie française des Grandes Personnes d'Aubervilliers (F). La compagnie burkinabè a été créée en 2003, et depuis les Grandes Personnes ont présenté plusieurs "spectacles déambulatoires" dans toute l'Afrique de l'Ouest et dans plusieurs villes européennes.

12022011 Grandes Personnes 5

Les marionnettes géantes sont fabriquées à partir de matériaux locaux : banco, sacs de ciment récupérés, bouteilles vides, vannerie, calebasses, fer à béton, chambres à air, pagnes... Accopagnés de musiciens percussionnistes, elles se promènent dans les villes et villages, dansent et s'amusent avec le public, la plupart du temps effrayé par ces géants !

12022011 Grandes Personnes Marie  12022011 Grandes Personnes 4

Votre serviteur en mode "village", à Bassam Yam


12022011 Grandes Personnes 3  1202011 Grandes Personnes Pierrick

Pierrick et la vieille !

 

Cette sortie a vraiment été super: rouler loin de la ville, admirer la campagne burkinabè, tomber en panne à 20m. d'un mécano, et surtout découvrir pour la première fois les Grandes Personnes, qui plus est dans un village... On en redemande !


Par Marie - Publié dans : Escapade
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Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 15:46

Mou

Non, ce n'est pas (seulement) une caractéristique typique de certaines gens, Mou c'est aussi un village. Si si, ils ont osé ! Ce petit village, que j'ai eu l'honneur de visiter  au mois d'août est situé à une dizaine de km de Dissin, dans la Province du Ioba, dont le chef-lieu est Dano, le tout dans le Sud-Ouest, côté frontière ghanéenne. Pour atteindre Mou, il faut prendre la Nationale 1 direction Bobo-Dioulasso. Dépassé Boromo (arrêt obligatoire et sandwich à l'avocat recommandé), on arrive à Pa, où il faut descendre. De là, on peut trouver un minibus déglingué pour Dano, Djikoloko et Dissin.

 

Mais qu'est-ce que je suis allée fabriquer dans un trou pareil me demandez-vous ??? Hé bien hé bien, disons que ça faisait partie de mon travail. Pour faire court, j'ai rencontré un femme originaire de ce village à travers JDM: Edith avait sympathisé avec l'une de mes prédécesseure volontaire, puis avec les gens du siège, puis avec moi. Mariée et installée à Koudougou, elle est restée proche de son village, s'y rend régulièrement et a constitué un groupement de femmes dont elle est présidente. Ces femmes se retrouvent pour la fabrication artisanale du beurre de karité et du dolo (bière de mil). Et comme JDM se lance aussi dans la fabrication du beurre de karité, on s'est dit qu'on pourrait s'associer avec le groupement d'Edith afin d'augmenter la production et de faciliter la vente.

 

Fin août, je suis donc partie avec Edith et mon collègue Gha (responsable production) pour 3 jours à la découverte de Mou et de ses habitants. Le voyage aller s'est bien passé, quand on pense qu'on était relativement chargé: en plus de nos 2 P50, Edith avait emmené un sac de riz de 50 kg, des denrées alimentaires et un carton fragile de 6 verres (mais pourquoi ???). Naïvement, je m'étais dit qu'au retour au moins on serait plus léger... Nous sommes arrivés à Dissin vers 14h et de là nous avons emprunté des chemins boueux et tortueux durant une dizaine de km entre les champs de coton et de mil, avant d'arriver chez Edith, où nous avons eu droit à un "accueil traditionnel" (comme l'a souligné mon collègue).

100823 Mou (1)   100823 Mou

Plusieurs femmes du groupement s'étaient réunies pour nous attendre: certaines d'entre elles étaient attelées à des travaux de vannerie (la spécialité de la région), d'autres pilaient des noix de karité pour la fabrication du beurre, d'autres encore vendaient des arachides ou des galettes, et d'autres les mangeaient. Accueil tout en chants traditionnels, très gentil, et j'avais vraiment l'impression de découvrir un nouveau pays. En fait, j'avais l'impression d'être en Afrique pour la première fois et de m'émerveiller devant tout ! Et ce sentiment m'a suivie durant presque toute la durée de mon séjour à Mou...

 

Après un tour dans la brousse, à la découverte de la flore de la région, nous avons pu goûter à la tranquilité villageoise typique: Mou est un village assez retiré, sans eau courante, ni électricité, ni même d'école ou de dispensaire... Aucun bruit si ce n'est le vent dans les tiges de mil, les chiens qui aboient, les coqs qui chantent au hasard, et les femmes réunies le soir dans la cour qui dansent et qui chantent. Beaucoup d'émotions pour une Nassara comme moi,  pourtant déjà bien blasée !

100823 Mou (6)

Le lendemain, nous avons assisté aux différentes étapes de la fabrication traditionnelle du beurre de karité. J'ai également participé à la réalisation d'un méga-repas de fête (les 50 kg de riz apportés par Edith !) en compagnie des femmes ; et même si maintenant j'ai une certaine habitude de passer de longs moments de vie quotidienne avec des personnes avec qui je ne partage rien (ni la langue, ni la culture, ni le mode de vie,...), ça m'a fait chaud au coeur qu'elle m'accueille comme ça parmi elles.

100823 Mou (10)   100823 Mou (8)

Le soir avait lieu une grande réunion pour la présentation de l'équipe JDM au groupement et au village entier. Chef du village, chef coutumier, conseillers municipaux, femmes du groupement en uniforme, chants, danses, discours et tout le toutim... le tout emprunt de cet aspect protocolaire très marqué au Burkina. De cette rencontre, nous espérons mettre en place une collaboration sur la production et la vente de beurre de karité. La réunion s'est terminée en course sous la pluie, à s'entasser à 50 dans la petite maison d'Edith, où nous avons dégusté le riz gras préparé la journée. C'était une occasion pour tout le village de faire une grande fête, avec location de sono, débit de boisson (bière de mil et alcools frelatés), bref tout pour un grand "bal poussière", mais dans la boue. Les festivités ont duré jusqu'au petit matin.

100823 Mou (19)   100823 Mou (20)

Nous avions prévu de partir assez tôt de Mou pour rejoindre Dissin et sauter dans un car direct pour Ouaga, mais nous nous sommes réveillés sous la pluie... et ce n'est qu'à 9h que nous avons pu embarqué à bord de nos deux P50,  direction le carrefour de Djikologo, encore plus chargés qu'à l'aller: nous avions reçu en cadeaux des nattes de paille, plusieurs paniers en vannerie, un coq vivant (j'adore voyager avec des animaux !), et mon collègue a eu la bonne idée d'acheter un sac de 50 kg de charbon. Malheureusement pour nous, les pluies de la veille et du matin avaient partiellement innondés les chemin de brousse, et notre chargement aidant, la P50 d'Edith n'a pas tenu le coup et a décidé de s'arrêter en plein ruisseau. Il a donc fallu pousser jusqu'au goudron, puis jusqu'à un carrefour, puis aller chercher un mécanicien dans un village à qqs kilomètres. Pendant ce temps, notre poulet a été attaché au poteau d'un hangar sous lequel nous attendions. Quand enfin tout fût prêt, il nous a fallu parcourir encore une vingtaine de kilomètre pour arriver au carrefour où nous devions retrouver un bus venant de Gaoua et direction Ouaga. C'est là que nous nous sommes rendu compte que notre poulet était resté au carrefour précédant... et que nous avons appris que le bus venait de passer, que le prochain arriverait dans 3h. 3h passionnantes à Djokologo, où il n'y a rien à part un tablier qui vend du café et qui passe de la musique (toujours la même, il n'y avait qu'une seule K7 !).

 

Et puis à 15h, le stress pour charger les bagages et monter dans le bus tout en saluant nos hôtes. Nous sommes arrivés à Sabou (25 km de Koudougou par une piste rouge) vers 17h30 et c'était reparti pour 1h de P50 dans le coucher du soleil. Autant vous dire que l'on était vanné à l'arrivée ! Mais quelle aventure, et quels beaux souvenirs !

 

Plus de photos dans l'album sobrement intitulé "Mou"... et bientôt un article consacré à la fabrication artisanale du beurre de karité, toute un programme !

Par Marie - Publié dans : Escapade
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Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /Sep /2010 13:16

Les vacances de ma copine Annick au Faso ont été l'occasion pour moi de prendre des congés et de visiter un nouveau coin de ce beau pays. Cette fois-ci, direction le Pays Lobi, qui se trouve autour de la ville de Gaoua, non loin de la frontière avec le Ghana et la Côte d'Ivoire. Le programme prévu pour ces 5 jours d'excursion (un guide nous attendait sur place) était le suivant: trajet de Ouaga à Gaoua (qui prend près de 7h, ce qui bouffe déjà une bonne partie de la journée) et visite du Musée de Poni, consacré à la culture Lobi. Le lendemain, nous devions prendre des motos et faire un grand tour par les ruines de Loropéni, le Royaume Gan, Kampti et le grand sorcier,  visite de vannières et de sculpteurs avant le retour sur Gaoua. Enfin, nous avions prévu 2 jours de randonnée dans les villages lobis, avec visite à des orpailleuses et des potières. Joli programme, tout devait être merveilleux dans le meilleur des monde. Seulement voilà, le mois d'août est vraiment pourri pour voyager dans ce pays, surtout dans le sud, beaucoup plus tropical et donc humide, voir carrément mouillé, ou détrempé ! 

 

Bref nous avons pu visiter le musée, fort intéressant, créé par une vieille anthropologue française passionnée par les Lobi. Le musée comporte 4 salles, la salle des femmes, celle des hommes, celle des cultes et une salle avec des expositions "temporaires". Une approche très classique de la culture lobi telle qu'elle devait l'être il y a 100 ans... avec de belles photos N/B datant des années 20-30. Intéressant, mais pas transcendant non plus. Nous avons tout de même appris que le terme "Lobi" regroupe en réalité plusieurs groupes ethniques qui sont arrivés à différents moments de l'histoire dans la région. Parmi ceux-ci, les premiers étaient les Gans, dont l'habitat se distingue par un toit de paille. Cela prouve (selon les dires de notre guide) combien ce peuple était pacifiste, car à l'époque des guerres tribales, en cas d'attaque, avoir un toit de paille équivalait à un suicide familial, voir collectif (comme on dit "Feu de paille n'a durée qui vaille"... même si ce n'est pas un proverbe typique de cette région...). Les Gans se mettant volontairement en-dehors de tout conflit, ils pouvaient se permettre d'avoir un toit de paille. Quant aux autres Lobi, ils vivent (oui, encore aujourd'hui, pour ceux qui sont à la campagne) dans de véritables forteresses de banco, avec de minuscules fenêtres, des accès au toit depuis les chambres et la présence du grenier familial à l'intérieur de la maison. Le tout baigné dans une épaisse fumée, vu que les feux de la cuisine sont également à l'intérieur.Tout cela diffère réellement de l'habitat traditionnel mossi que l'on a l'habitude de voir sur le Plateau central (qui englobe Ouaga, Koudougou, Ouahigouya, etc...).

 

Après ce grand moment de culture, nous nous sommes arrêtés dans un cabaret pour profiter d'un mini-concert de balafon organisé pour nous (vive le tourisme !). Ce qu'on appelle cabaret ici ne désigne pas le même type d'endroit que chez nous. Un cabaret au Burkina c'est l'endroit ù l'on déguste le dolo, la bière de mil artisanale. Et je peux vous dire qu'il y en a, des cabarets, dans cette région !

 

Le lendemain, comme prévu, notre guide vient nous chercher pour notre escapade routière... malheureusement, c'est le jour où le ventre d'Annick a décidé de se rebeller. C'est donc le coeur brisé que nous l'avons laissée à l'auberge, dans l'espoir qu'une journée de repos l'aidera à affronter les 2 jours de marche qui allaient suivre...

 

    100810 A moto

Et c'est parti pour un tour chic-choc dans la brousse gaoualaise ! Evidemment, on ne manque pas de commencer notre escapade par une petite crevaison pneumatique, due au mauvais état de notre pneu avant. Heureusement pour nous, notre guide est équipé, et en moins de 20 mn la chambre à air est collée, et c'est reparti pour l'aventure.

 

100810 Loropeni   100810 Loropeni2

Première escale, les ruines de Loropéni, à 40 km de Gaoua. Ces ruines ont été redécouvertes au début du siècle passé, et ont finalement été inscrites au Patrimoine mondial de l'Humanité en juin 2009. Voici ce qu'en dit le site de l'UNESCO (http://whc.unesco.org/fr/list/1225, consulté le 02/09/2010):

 

Les spectaculaires et mémorables ruines de Loropéni consistent en des hauts murs impressionnants de moellons de latérite, allant jusqu’à six mètres de haut, entourant un grand établissement abandonné, sont les mieux préservés parmi les dix forteresses similaires que comporte la région du Lobi, et font partie d’un plus grand ensemble d’une centaine d’enceintes en pierre. Elles semblent refléter la puissance et l’influence du commerce transsaharien de l’or et ses liens avec la côte Atlantique. De récentes fouilles ont permis des datations au carbone 14 suggérant que les murs d’enceinte de Loropéni remontent au moins au XIe siècle de notre ère et que le site a connu une période florissante entre le XIVe et le XVIIe siècle, plaçant le site au cœur d’un réseau de constructions.

 

Selon les récentes recherches, il ne fait aucun doute que les ruines proviennent d'un ancien bâtiment fortifié. Mais son utilisation, sa fonction et son histoire demeurent encore inconnue. Des équipes de chercheurs de la sous-région et de la France son chargés des fouilles archéologiques et révéleront peut-être une partie de l'histoire que renferment ces murs...

 

100810 On the road  100810 Route

On the road again... direction la petite ville de Kampti, et le Grand Sorcier !

 

100810 Cour sorcier  100810 Case à fétiches

Arrivé dans la cour du marabout, on est tout de suite dans l'ambiance: les fétiches trônent un peu partout. Le Grand Sorcier "s'était levé" quand nous sommes arrivés (= il n'était pas là), et c'est son fils initié qui nous fera la visite des deux cases à fétiches de la maison et de la case réservé aux fous, à l'extérieur. Je n'étais jamais entrée dans une case à fétiche, et j'étais plutôt réticente à aller "violer ce lieu symbolique avec mes pieds nus et innoncents de petite blanche". Mais bon, ce n'est pas tous les jours qu'on nous y invite (contre un peu de whisky en sachet et qqs billets remis en douce par notre guide, bien sûr... Comme le dit le proverbe, rien n'est gratuit, tout est perverti, même le pays Lobi !). Donc nous voilà déambulant dans la forteresse du sorcier, tentant de trouver notre voie entre les voiles de fumée à l'intérieur de la maison. Pour arriver à la première case à fétiches, un lieu minuscule qui contient une bonne trentaine de statuettes de diverses formes et tailles ; il faut savoir que les fétiches lobi vont toujours par deux, ce qui symbolise la complémentarité de l'homme et de la femme . On retrouve aussi souvent un fétiche comportant deux personnages portant une sorte de baignoire allongée, c'est un fétiche lié à l'eau et au fleuve, qui rappelle notamment l'arrivée des Lobi depuis le Ghana dans la région et leur traversée du fleuve Mouhoun. Ambiance quelque peu étrange tout de même, avec des cauris dispersés, des plumes et poils collés par du sang, issus des sacrifices animaux.


100810 Colline

Après cette incursion dans le monde de l'occulte, retour sur la route, dans la verdure lobi, en route pour la visite des vannières et des sculpteurs, avant de rentrer sur Gaoua et de savourer une bonne bière bien méritée. Rendez-vous est pris le lendemain pour une vingtaine de km à parcourir à pied à travers la brousse et les villages.

 

C'est là que le sort s'est acharné sur nous, nous gratifiant d'une nuit et d'une grosse matinée de pluie. Départ annulé, ou reporté. Mais à midi la pluie est toujours là, et nous commençons sérieusement à moisir dans les chambres de notre petite auberge sans eau ni électricité ni paillote où se tenir... Nous choissisons alors de nous rendre dans le seul vrai hotel de Gaoua, tenu par des Libanais, dans l'espoir d'y déguster un pantagruélique repas plein de houmous et de caviar d'aubergines. Bon, la bouffe était bonne mais l'accueil vraiment lamentable... On passera tout de même une partie de l'aprem devant leur télé, à regarder Faso Academy, la Star'Ac du Faso. A 15h, la pluie s'arrête enfin et nous partons à la rencontre d'un groupement de femmes qui produit notamment des savons à base de beurre de karité. L'occasion d'échanger sur le mode de gestion de leur groupement (déformation professionnelle !) et de partager une calebasse de dolo dans leur cabaret. On décide alors avec notre guide que demain, on partira faire une randonnée à travers les villages, pour compenser un peu cette journée de perdue...

 

Mais le destin en avait décidé autrement, et la pluie nous a à nouveau frappé en pleine nuit. Levés à 6h, nous décidons de fuire cet endroit déprimant, puisque le Pays Lobi ne veut plus de nous. Après une bonne négociation avec notre guide qui ne voulait pas nous laisser partir comme ça ("mais non, qu'il disait, la pluie va cesser tout de suite et on pourra aller marcher"... euh, dans la boue ?), il nous envoie un taxi à 8h et nous filons à la gare routière pour prendre le bus de 8h pour Ouaga (on n'y croyait plus, et le bus suivant étant à 14h, on se voyait mal attendre encore 6h dans cette auberge qui devenait de plus en plus minable à nos yeux). Arrivés à 8h15 à la gare, on manque de justesse le bus de 7h, rempli à outrance. On nous fait alors entrer dans le bus qui devait soit-disant partir à 8h (il était déjà presque 8h30) et quelle ne fût pas notre surprise en le voyant tout éventré.de l'intérieur... problème technique... merde... On reste donc là, à se cacher de la pluie, à tenter de se réchauffer, à essayer de se distraire, à écouter les gens de la gare nous dire qu'on va partir "tout de suite, tu as juste le temps de boire ton café sap-sap". Mon oeil.

 

C'est finalement le bus de 14h qui viendra nous sauver de ce trou pluvieux, pour nous emmener dans notre doux foyer ouagalais, que l'on atteindra que vers les 21h. Sacrée journée de perdu. Sacré voyage. Sacrés Lobi. On reviendra. Ou pas...

 

Plus de photos dans l'album "Gaoua, août 2010"...

Par Marie - Publié dans : Escapade
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  • : Le quotidien d'une nassara au pays des hommes intègres, entre le martèlement du pilon et les mobylettes pétaradantes !

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  • Amoureuse de l'Afrique Noire, j'ai passé près de 3 ans au Burkina, entre Ouaga et Koudougou. L'aventure continue... du côté de la Suisse !

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